AHETZE - HENDAYE

Publié le par yves

Vendredi 22 juillet 2011

32 ème jour, il reste 23 kilomètres à parcourir pour rallier Ahetze à Hendaye, la ville promise que notre pèlerin rêve de rejoindre depuis le 21 juin date de son départ de Wittenheim. Il a laissé son épouse Michèle, qu'il remercie sincèrement d'avoir accepté son absence pendant 32 longues journées pour accomplir une mission, elle même convaincue qu'en Yves une force intérieure le poussait à aller vers les autres. Chapeau Michèle !! tu es formidable.

Appelons cela un périple, une performance sportive, mais c'est avant tout une façon d'aller vers son prochain, parler et faire connaître le don d'organes à travers la France. Il a réussi à rencontrer bon nombre de personnes avec lesquelles il a échangé, répondu à de nombreuses questions … toujours avec le même entrain et la même conviction. Aujourd'hui son périple se termine mais il continuera à faire passer son message tous les jours et en toutes circonstances.

église de Ahetze avec le cadran solaire pour l'ami Rémy -

L'église d'Ahetze

Notre ami dédie cette dernière journée aux compagnons du mercredi qu'il retrouvera avec plaisir dès mercredi prochain sur les beaux sentiers vosgiens. En Alsace, il existe le sacro-saint livre «sur les sentiers vosgiens de notre cher Daniel Wenger, dans le Pays Basque les randonneurs suivent l'édition «Entre Nive et Mondarrain». La Nive est une rivière du Pays Basque dans les Pyrénées-Atlantiques, affluent en rive gauche de l'Adour et le Mondarrain ou Arranomendi (749m) le mont du Pays Basque Français au sud d'Espelette et au sud-ouest d'Ixassou dans la province du Labourd. Il se caractérise par une silhouette symétrique, couronnée d'une falaise et des vestiges de fortification. Le front rocheux du Mondarrain constitué d'une roche gréseuse lui vaut une bonne réputation auprès des varappeurs de la région.

croix mondarrin

En 1989 a été apposée au sommet du Mondarrain, une croix en pierre sur laquelle est représenté un randonneur.

Revenons à notre pèlerin ... pendant que je le croyais en train de dormir, il marche et avance vers Hendaye sous la pluie. Ne pouvant fermer l'æil, il me fait une grosse blague comme il dit, il prend son sac et se met en route pour Hendaye. 23h15 il quitte Ahetze pour rejoindre Hendaye, dernière étape de 23 kilomètres.

À 1h32 il traverse Saint Jean de Luz …

saint Jean de Luz 1h32 -1579632541

Saint Jean de Luz, la nuit

Saint Jean de Luz, située au débouché de la vallée de la Nivelle et au fond d'une rade ouverte en amphithéâtre entre deux promontoires, la commune de Saint Jean de Luz occupe une place privilégiée, au sud de la côte basque à proximité de la frontière espagnole. Le territoire communal s'étend largement le long de l'Océan sur 7,5 kilomètres de côte. Saint Jean de Luz bénéficie d'un cadre naturel de qualité dont le joyau est sa baie, vaste plan d'eau de 240 ha qu'elle partage avec Ciboure et ses plages (Erromardie, Lafiténia, Mayarco et Cénitz).

La colline de Sainte Barbe, site classé de 2,5 ha, domine la baie et se prolonge en front de mer. Un parcours piétonnier ainsi qu'un sentier et un jardin botanique sont aménagés le long des falaises. Au cœur de la ville, le Parc Ducontenia, espace boisé de plus de 3 ha, abrite un théâtre de la nature pouvant accueillir 3000 personnes ?

Il faut attendre le XII ème siècle pour avoir des actes authentiques concernant Saint Jean de Luz, mais le site était habité dès le Paléolithique. Les premiers habitants sédentaires, peut-être des Ibères, se groupèrent d'abord sur les hauteurs d'Acots et de Bordagain, baignées à marée haute par les eaux de l'embouchure de la Nivelle, beaucoup plus vaste que de nos jours, bourbeuse à marée basse. Quelques temps plus tard, au bord de la baie bien protégée des vents du large et de la houle par des falaises et une dune côtière, les hommes s'installèrent, malgré les marécages. Ce furent ces marécages qui donnèrent à Saint Jean de Luz son nom basque «Lohizune ou Lohitzun» lieu boueux. Ni l'occupation romaine pourtant présente dans la région pendant quatre siècles avec le camp fortifié de Lapurdum (Bayonne), ni les hordes de barbares qui y déferlèrent ne troublèrent la vie paisible de cette population de pêcheurs et de pasteurs.

Vers 581 les Vascons quittèrent les plaines de l'Ebre et par migrations successives, mais pacifiques, se répandirent dans le pays. Créé en 682 le duché de Vasconie devint en 884 duché de Gascogne avant d'être incorporé à l'Aquitaine au IX ème siècle, mais les Vascons se révoltèrent plusieurs fois contre les Mérovingiens et les Carolingiens.

Il avance dans la nuit, essuie quelques averses et toujours de nuit, arrive à Hendaye, la ville promise comme je l'appelais sur le blog … Il est 4h20.

fin du périple Hendaye à 4h24 1082014653Hendaye - Hendaia

En 561, l'alliance des Basques pyrénéens et des Aquitains des plaines permet de repousser les Francs, création du «principat» (prince) de Vasconie, des Pyrénées jusqu'à la Garonne. Le terme «Vascon» donnera «Gascon» au nord germanisé (V se transformant en G) «Basques» au sud ibérique (V se lisant B).

mairie d'Hendaye

mairie d'Hendaye, vous remarquerez le blason

Hendaye, Hendaia, à l'origine n'était qu'un tout petit quartier d'Urrugne, une des paroisses les plus anciennes du Labourd. C'est en avril ou mai 1654 que Hendaye se détache de la commune d'Urrugne sous le nom de Andaye.

Le blason que vous distinguez sur la photo de la mairie fut formé après 1660. La couronne royale, souvenir du passage de Louis XIV, montre la reconnaissance de Hendaye pour le roi qui, en 1654 lui accorde son érection en communauté indépendante. Les Basques sont des marins, à cette époque les Hendayais s'adonnaient à la chasse à la baleine, qui fut à l'origine de la fortune ainsi que de la gloire de la cité. Cette activité est représentée par ses instruments spécifiques, les harpons. Les lettre H et E sont la première et la dernière lettre du nom d'Hendaye.

Le Peuple Basque ... un peuple à forte personnalité. Quiconque vient en ce pays est saisi par son âme qui se réveille aux sons des chants religieux ou profanes, qui s'échauffe au claquement sec de la pelote sur les frontons des villages.

La culture basque est présente partout.

L'architecture des maisons blanches à colombages, boiseries et volets rouge basque. Les demeures de la région forment une unité pittoresque.

La Langue, aux origines ancestrales avec des sonorités particulières, unique elle est encore largement pratiquée.

Les danses basques, demandent de la vigueur, un sens aigu et inné du rythme. Elles sont la manifestation d'une intense joie de vivre. Les costumes traditionnels apportent aux mouvements une magnifique ampleur.

La Force basque, inspirée de pratiques rurales anciennes. Des concours ont lieu entre les villages. Les épreuves principales sont : le tir à la corde, le lever de pierre, de charrette, la course aux sacs, le lancer de ballots de paille, la coupe de troncs, le transport de bidons.

La Pelote Basque, célèbre jusqu'aux Amériques, regroupe diverses spécialités : Main nue, pala, cesta punta, rebot, joko garbi, chaque commune est dotée d'un fronton ou d'un trinquet où petits et grands s'adonnent à leur sport favori.

Du XVI ème au XVIII ème s. les villes de Hendaye, Irun et Fontarrabie étaient continuellement en guerre, non respect du traité de pêche dans la Bidassoa, propriété du fleuve frontière etc...

Le fort Gaztelu Zahar, témoin de ce passé, fut maintes fois démoli avant d'être reconstruit par Vauban. On y découvre encore d'anciens canons tournés vers la ville espagnole de Fontarrabie. Au XVIII ème siècle, la convention d'octobre ramène pour quelques années la paix sur la Bidassoa. En 1793 Hendaye fut totalement détruite, ses habitants avaient été tués ou avaient fui. De longues années furent nécessaires à sa reconstruction. L'île des Faisans, sur la Bidassoa, appelée aussi île de la Conférence, fut le lieu de signature du traité des Pyrénées en 1659, qui marque la fin des affrontements entre les deux nations. Cette île est aussi célèbre car François 1er y fut échangé contre ses deux fils après avoir été prisonnier à la bataille de Pavie. Le contrat de mariage de Louis XIV et l'infante Marie Thérèse y fut signé. Tous ces événements participent à la richesse historique d'une île qui, aujourd'hui encore reste originale. Petite île de 6 820 m², au milieu de la Bidassoa (fleuve côtier), qui forme en ce point la limite de la France et de l'Espagne. C'est sans doute le plus petit condominium du monde (en droit international public, un territoire sur lequel plusieurs puissances – généralement deux États – exercent une souveraineté conjointe), géré alternativement avec un changement d'administration tous les six mois, par la France et par l'Espagne.

6h20 premier contact, alors que je pensais qu'il était en train de marcher, il est tranquillement assis dans le train direction l'Espagne. Notre ami Daniel lui ayant suggéré de pousser jusqu'à la baie de San Sebastián et ayant du temps devant lui … il prend un billet et s'offre une incursion en Espagne, la cerise sur le gâteau. C'était une très bonne idée de Daniel, notre ami le remercie vivement.

baie de San Sebastian

Une vue depuis la baie de San Sebastián

Notre pèlerin avec sur son dos, le gros sac à dos déambule dans les rues de San Sebastián. Je vous l'avais bien dit qu'il ne s'arrêtera plus … d'ailleurs, le sac à dos est en miettes …

En basque Donostia, en espagnol San Sebastián, officiellement Donostia-San Sebastián est une ville du nord de l'Espagne dans la communauté autonome basque. Capitale de la province de Guipuscoa (Gipuzkoa), c'est une importante station balnéaire au bord de la mer Cantalbrique, surnommée la perle du Cantabrique en raison de sa beauté, en particulier celle de sa baie, la fameuse Concha.

Le nom de la ville en castillan (espagnol) est San Sebastián, et tire son origine d'un monastère consacré à Saint Sébastien et se trouvait dans l'actuelle situation du quartier de l'Antiguo.

train

Yves reprend le train direction Hendaye à Amara quartier de San Sebastián

De retour à Hendaye à 10 heures, notre ami, parmi les dizaines de cafés ouverts, pousse la porte de l'un d'eux, et devinez quoi ? Une grande discussion s'engage sur Tahiti, qu'ils connaissent bien tous deux. Notre ami commande un picon bière car l'heure du café est passée depuis longtemps pour notre pèlerin.

Contact 10h30 heures, j'apprends que Dédé (frère de notre ami Jacques que nous saluons au passage), et Danielle sont en route pour accueillir notre pèlerin, le ramener chez eux à Vouzan – La Combe Bouchard, pour passer le week end et le requinquer avant de nous le renvoyer en Alsace dimanche début d'après midi.

Dédé et Danielle arrivent à Hendaye, un bon déjeuner entre amis … une petite sieste assis au soleil sur un banc et le tour est joué, notre champion est remis de toutes ses émotions.

14 heures sonnantes, une réception à la mairie d'Hendaye a lieu en l'honneur de notre héros. Mme Sylvie ESTOMBA reçoit notre pèlerin pour faire le point sur sa mission. Elle même infirmière, comprend très bien la démarche de notre ami. Deux journalistes locaux sur place, dès que je serai en possession des articles publiés, vous les lirez dans la rubrique presse. Très bien accueilli par la commune d'Hendaye, un moment convivial s'en suivit. Il est gâté avec des cadeaux aux couleurs de la merveilleuse ville d'Hendaye.

Un petit coucou aux amis Magescquois pour l'excellent accueil à l'ami Yves lors de la réception du 19 juillet dans la charmante commune de Magescq. Moment inoubliable.

Guy Darracq Marcel Hodot Yves J.Claude Saubion et Vincent M

De g. à d. Guy Darracq trésorier, Marcel Hodot président DSB, Yves, J.Claude Saubion maire de Magescq, Vincent Monsacré président du judo club lors de la réception à Magescq.Hendaye la ville promise

Hendaye le jour ...

Heureux, notre ami met un terme à son périple.

Yves tient à remercier tous les gens qui ont, pendant ces trente deux jours, téléphoné et envoyé des messages de sympathie et d'encouragement . Cela lui a procuré la force et l'envie, afin de ne pas vous décevoir, de continuer et, de jour en jour approcher de son but Hendaye. Aujourd'hui son périple est terminé, il est heureux et en paix avec lui même. C'est un géant !! Il ne l'a pas fait pour épater la galerie mais tout simplement pour que vive le don d'organes.

Marthe.

Parcours du jour 23 km

Cumul 1045 km/1045 km

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M

Quand on est doué d'une forte volonté, on atteint toujours ce que l'on vise. Bravo à Yves d'avoir eu le courage et la force de faire ce périple que j'ai suivi jour après jour.

Bravo aussi à Marthe d'avoir su nous rapporter journellement les aventures de Yves, toujours éclairées par de magnifiques commentaires sur la région qu'il traversait.

Je vous embrasse tous.
MarieNicole


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