SAINT BONNET EN BRESSE - SAINT MARCEL / CHALON SUR SAÔNE
Mardi 28 juin 2011
Château de Pierre de Bresse où se trouve l'écomusée (circuit d'hier)
6 heures mon premier contact avec notre pèlerin qui est déjà sur les routes … après avoir quitté Saint Bonnet en Bresse à 5h15, il a déjà traversé Les Donzeaux et vient de quitter la Racineuse, petite bourgade où les constructions sont en briques l'interpellent. Dans la discussion il a failli manquer de tourner à droite … manquerait plus qu'il rajoute des kilomètres !
À son arrivée, hier après-midi, il était reçu par deux agents territoriaux de la commune et le soir, Monsieur Bouchart, le maire de Saint Bonnet, après ses réunions, est venu lui rendre visite et voir s'il était bien installé pour la nuit.
Après une bonne nuit réparatrice passée dans le vestiaire, (il a rassemblé deux bancs pour poser son matelas) il m'a confié en plaisantant qu'il se coinçait de temps à autre les fesses … c'était pour rire bien entendu car il a bien dormi et repart ce matin, frais et dispos pour une nouvelle journée. Au réveil il s'est régalé avec un bon café-filtre, Monsieur le Maire avait mis à sa disposition le local avec une petite cuisine destinée aux footballeurs avec toutes sortes de boissons, le luxe pour un pèlerin ! Il a eu l'explication quant aux immenses champs de culture qu'il traverse, cela provient d'une culture diversifiée de légumes (petits-pois, haricots) tournesol, blé, avoine, maïs etc.. pour une usine.
Il marche depuis une heure et n'a rencontré âme qui vive, c'est le désert à cette heure. Un peu plus tard une rencontre heureuse avec un renard qui profite de la fraîcheur matinale ainsi qu'un tout jeune chevreuil. Le soleil se lève et les kilomètres défilent sur les petites routes, il évite les nationales, même si parfois cela implique des détours. Enfin une voiture le dépasse … la vie reprend tout doucement.
La Saône et Loire est un département de la Bourgogne dont la préfecture est la ville de Mâcon et porte le n° 71. Au Moyen Âge, le département, bien que n'existant pas, avait un rôle important en tant que carrefour entre le Sud et le Nord du Royaume de France. De grands barons se partageaient le territoire, comme les barons de Brancion, qui dominèrent, pendant plusieurs siècles, la majeure partie de la Saône et Loire, les comtes de Chalon-sur-Saône ou ceux du Charolais. Le département a été crée officiellement à la Révolution Française, le 4 mars 1790 en application de la loi du 22 décembre 1789, à partir d'une partie de la province de Bourgogne. Après la victoire des coalisés à la bataille de Waterloo (18 juin 1815), le département est occupé par les troupes autrichiennes de juin 1815 à novembre 1818. Le paysage de la Bresse Bourguignonne est parsemé de bois et de forêts. Cet espace consacré à la forêt et aux métiers en rapport avec cette activité : du bûcheron au charron, en passant par le menuisier et le sabotier.
Un cygne et ses petits
Une particularité plaisante à l'œil, les toits bourguignons :
les toits en tuiles vernissées aux motifs géométriques font partie intégrante du paysage bourguignon au même titre que la vigne ou les riches pâturages du Charolais. Ces tuiles coiffent aussi bien des édifices religieux que des bâtiments civils de la grande époque des ducs de Bourgogne. Les plus célèbres, l'Hôtel-Dieu de Beaune construit par Nicolas Rolin, chancelier de Philippe le Bon, l'Hôtel de Voguë à Dijon et le château de la Rochepot. Ce type de décoration présente sur les toitures permettait d'indiquer par le biais de messages symboliques, politiques ou religieux, le statut social, voire même la réputation d'un homme ou d'une communauté.
Rothey, Baraud, Serigny en Bresse, de bourg en bourg, notre pèlerin avance vers sa destinée du jour, Saint Marcel près de Chalon-sur-Saône séparé de Saint Bonnet de 31 km 400.
On ne peut relater la Bresse sans se lécher les babines avec le fameux Poulet de Bresse … je parie que notre pèlerin ne dirait pas non ... avec une bonne bouteille de la région bien sûr.
Saint Martin en Bresse, commune en Bresse Chalonnaise de plus de 2 000 habitants (les San Martinois) se densifie de plus en plus dans les hameaux comme Perrigny qu'Yves traversera également, Colnand, Osnard, la Madeleine, Seignotte, le Morlux, Le Paradis et bien d'autres encore. Vaste commune de Saône et Loire qui compte 37 ha de mares et d'étangs, 1 100 ha de bois (bois d'Osnard, des Ecottes, de la Voullaine, du Clongis, de Brelis etc...) La commune se rattache à la Bresse bourguignonne par son relief, entre 179 m et 217m, son réseau hydrographique, sa végétation bocagère avec sa forte présence boisée, son agriculture spécialisée, et bien entendu les élevages de poulets de Bresse comme relaté ci-dessus. Son habitat est diversifié, les fermes bressanes remarquablement rénovées, les moulins, la chapelle de Bellefond et de la Madeleine en briques, le collège dont l'architecture s'est inspiré des constructions locales, la maison du bois et de la forêt dans l'ancienne école du hameau de Perrigny (antenne de l'écomusée de la Bresse bourguignonne). Situé à 17 km de Chalon-sur-Saône, la commune se rattache aussi à l'agglomération chalonnaise au niveau de deuxième couronne, par les structures administratives.
Saint Marcel, étape pour ce soir. D'abord appelé Hubiliacum, puis Hubiliacus, le village prit, au Xème siècle le nom de Saint Marcel, évangélisateur du chalonnais dont le martyre eut lieu en l'an 177, à l'emplacement actuel de l'église. Au VI ème siècle, le Roi de Bourgogne Gontran (petit-fils de Clovis) établit à cet endroit une abbaye richement dotée. Le prestige et le rayonnement de cette illustre abbaye du Haut Moyen-Âge furent exceptionnels, mais les Grandes Invasions n'épargnèrent pas Saint Marcel au cours des siècles qui suivirent. L'abbaye partiellement détruite, fit alors appel à l'Ordre de Cluny au X ème siècle. Devenu Prieuré clunisien, le monastère de Saint Marcel, où Abélard mourut en 1142, conserva cependant son prestige et sa puissance. La dispersion des biens du clergé en 1789 n'entamera pas le sentiment d'unité que le rayonnement de l'abbaye de Saint Marcel a suscité très tôt en soudant les communautés villageoises.
L'empreinte du maraîchage. Le maraîchage, qui s'est développé à Saint Marcel à partir de la fin du XIX ème siècle a marqué le paysage et les mentalités de la commune jusqu'à nos jours. Favorisée par des sols fertiles et la clémence du climat, la culture des légumes à Saint Marcel a surtout bénéficié de la proximité d'un marché chalonnais en pleine expansion à l'époque de la Révolution Industrielle. Mais la production de Saint Marcel dynamisée par l'inventivité de maraîchers en avance sur l'époque, s'exporte bientôt de plus en plus loin. Le maraîchage est à son apogée dans les années 1960, quand la puissante Union Maraîchère vend ses produits dans toute la France, mais le vieillissement de la population agricole a ensuite entraîné le déclin de cette activité. Une production horticole de grande qualité (chrysanthèmes) l'a complétée à partir des années 1970, sans pouvoir enrayer la disparition progressive de l'agriculture à Saint Marcel. L'urbanisme de la commune porte cependant encore les marques de cette tradition de cité-jardin que Saint Marcel entend préserver malgré l'évolution de ses activités, désormais essentiellement liées aux services et à l'industrie. Une grande entreprise est fixée à Saint Marcel depuis de longues années et emploie plus de 1 000 personnes.
Pierre Abélard et Héloïse, qui connaît aujourd'hui le philosophe Pierre Abélard, il existe à Saint Marcel une rue Abélard, référence bien intellectuelle pour une commune industrieuse. Pourtant c'est ici qu'il y a plus de 800 ans, l'homme le plus lettré de son temps, l'esprit le plus vif de son époque a fini ses jours. Condamné par le pape pour ses idées trop novatrices, il veut se rendre à Rome pour plaider sa cause directement auprès du Saint Père. Épuisé physiquement et moralement par l'incompréhension dont il est victime depuis si longtemps, il s'arrête à Cluny. Pierre le Vénérable prieur de l'abbaye lui offre l'hospitalité avant de l'envoyer se reposer à Saint Marcel où l'air est bon et le climat doux. Il meurt en 1142 à l'âge de 63 ans, à sa table de travail...
12h53 après 5 km sur la départementale sous un soleil de plomb Yves vient de rentrer dans Saint Marcel, il a bu 6 litres d'eau pendant le trajet. Pour se ravitailler en eau, il a toqué chez l'habitant qui lui a aimablement procuré de l'eau. À l'instant il vient d'apercevoir une affiche : pizza à 5 euros, il est l'heure de reprendre des forces, bon appétit l'ami, à plus tard.
Il est 17h, enfin des photos arrivent … merci Jean Sébastien, (informaticien à Saint Marcel), d'avoir prêté main forte à l'ami Yves … je commençais à désespérer de recevoir des photos. Une autre superbe nouvelle, j'apprends à l'instant que notre pèlerin a été reçu par Monsieur le Maire et Madame la première adjointe de Saint Marcel et a eu l'occasion de prendre la parole au Terrain de Boules devant une cinquantaine de personnes. Il a pris possession de sa chambre avec télévision, une grande salle de bains 8mx8m. Invité ce soir, la Directrice et le cuisinier de la Maison de Retraite pour Personnes Âgées vont concocter le menu : lentilles au lard – pâtes bœuf bourguignon – roquefort le tout suivi de fruits. Il a d'ailleurs déjà goûté le Crémant de Bourgogne. Beau programme en perspective !
Vous trouverez les photos sur l'album.
Marthe, à suivre ...
Cumul 270.5 km/1045 km